Urgence de vivre

Dernière mise à jour : 23 sept. 2021

Bonjour à tous je vous souhaite la bienvenue à cette troisième chronique de Résilience. Je vous invite cette fois-ci, à plonger au cœur de la vie et de découvrir à quel point la peur peut parfois ressusciter le goût de vivre. Après des événements cardiaques soudain et rapprochés, je me suis retrouvé aux soins intensifs coronariens quelques jours à peine avant la belle journée de Noël. D’emblée, des événements traumatisants, j’en ai vécu quelques-uns au cours des dernières années. Mais malgré ce parcours, rien ne m’avait préparé à ce que je m’apprêtais à expérimenter en cette veille de Noël. Je n’attache pas une si grande importance aux rêves, du moins, beaucoup moins qu’à une certaine époque, mais ce 24 décembre au soir, un rêve est venu me glacer le sang. En fait, c’est surtout la combinaison du rêve et des deux chocs électriques au cœur que je venais de recevoir à deux jours d’intervalles, suite à de l’arythmie qui a propulsé mon cœur dans des rythmes effrénés avoisinant les 200 battements par minute, qui a amplifié la chose. Qu’on se comprenne bien, beaucoup de gens vive relativement bien avec l’arythmie qui m’a frappée, mais dans mon cas le fait qu’elle soit combinée à une baisse importante de ma pression artérielle m’a fait sentir comme si j’étais pour aller faire un câlin à la grande faucheuse! Sérieusement, je tiens à vous rassurer, non seulement je suis encore bien vivant, mais c’est justement pour cette raison que je vous présente cette chronique, qui se veut, comme dit si bien l’expression, la lumière au bout du tunnel! Je vous souhaite un bon moment et bonne lecture!

Espoir écrit dans la neige
Écrit dans la neige en Février 2021 - 10 pieds X 8 pieds

Quand le coeur dérape...

Afin de mettre la table pour cet article, je vous transporte à l’époque pré-pandémie, en 2019! Hey boy, c’est loin ça mes amis! Pour bien faire, je nous ramène un peu plus loin dans le temps, c’est-à-dire, en février 2018.

Dimanche soir, il est environ 22h00 et si ma mémoire est bonne, je suis debout dans ma cuisine en train de préparer de la nourriture pour le lendemain quand soudainement je ressens mon cœur effectuer un étrange battement. C’est comme s’il venait de me claquer en pleine poitrine! Le temps c’est figé un moment et l’instant d’après, mon cœur est parti en arythmie rapide. De façon très irrégulière il battait entre 100 et 170 battements par minute. Il me semble avoir déjà vécu similaire…mais à bien y penser, je n’en suis pas si sûr.

Au moment où l’événement s’est produit, je n’y ai pas tant porté d’attention, mais les minutes qui ont suivi m’ont fait réaliser que quelque chose ne tournait pas rond. Fort probablement que c’est en raison de la maladie (puisqu’elle est réputée pour provoquer ce genre de défaillance cardiaque) que mon cœur s’est emballé et s’est retrouvé en arythmie, plus précisément de la fibrillation auriculaire. La fibrillation auriculaire est un trouble cardiaque qui est assez répandu, dans la population en général et qui, normalement, n’est pas mortel. Cependant, dans mon cas, c’était une tout autre histoire.

Le jeudi suivant, j’ai dû consulter un des spécialistes et malgré le changement de médication, il semblait clair que mon cœur ne reviendrait pas à un rythme régulier. Donc après quelques jours d’inconfort (et en difficulté respiratoire), je me suis rendu (par moi-même), le samedi suivant, à l’urgence sur recommandation de mon spécialiste. Cette admission à l’urgence m’aura valu un court séjour qui a finalement abouti à une défibrillation (un choc) au cœur. Le but étant de ramener mon cœur à un rythme normal (ce qu’on appelle une cardioversion électrique, dans le jargon médical).

Ça a été un moment assez paniquant, car la médication qui m’était administré afin de ramener mon cœur à un rythme plus normal me donnait de la difficulté à respirer. Qui plus est, juste avant de procéder au choc, je devais passer une échographie transoesophagienne (ou une caméra dans la gorge si vous préférez!) afin de s’assurer qu’il n’y avait pas de caillot sanguin qui aurait pu se former dans mon cœur, à cause de mon rythme cardiaque inefficace et trop rapide. Pour ceux qui n’ont jamais vécu l’expérience : se faire geler la gorge (afin de passer la caméra), lorsqu’on a de la difficulté à respirer et que le cœur ne bat pas régulièrement… juste ça, c’est angoissant! Anesthésiant injecté… je me suis réveillé à l’observation, à l’urgence.

Assis sur une petite civière, peinant à retrouver mes esprits à la suite de l’anesthésie, je réalisai que mon cœur battait normalement! Wow, vous n’avez pas idée comment ça fait du bien un cœur qui bat régulièrement et à vitesse normal. Je crois qu’on a tendance à tenir pour acquis ce genre de chose normal de la vie. La tête encore dans les nuages, je me suis posé la question suivante : Est-ce que ça va recommencer? Malheureusement, les spécialistes ne pouvaient me le confirmer. Ils me disaient qu’il se pouvait très bien que je ne refasse pas ce type d’arythmie pendant quelques mois, parfois même plus longtemps mais que ça pouvait aussi bien revenir rapidement. Seul le temps donnerait le verdict.

Lorsque je suis sorti de l’urgence, quelques jours après mon admission, j’étais à trois semaines de passer chez le notaire pour la vente de mon condo : j’vous dis pas le stress! J’étais en situation financière précaire et il était plus que question que cette vente se conclue. Heureusement, j’ai réussi à effectuer la transaction en toute sécurité et tout s’est bien passé. Bref, j’ai par la suite, passé plusieurs mois à faire des palpitations assez régulièrement, mais jusque-là, la fibrillation auriculaire ne s’était pas représentée. Jusqu’au jour où…


Quand l'au-delà vient vous respirer dans le cou

C’est maintenant que je vous transporte en 2019 (vous savez, l’époque avant la pandémie?) Après avoir traversé des mois de dialyse ainsi qu’une deuxième greffe de rein somme toute pénible (mais j’ai tout de même eu le privilège de recevoir un rein extraordinaire), j’étais retourné à la maison pour récupérer. J’avais perdu du poids considérablement à cause de la longue hospitalisation. Mon corps me faisait sentir qu’il était plus âgé qu’à la première greffe et que la récupération serait probablement plus fastidieuse. L’automne n’a donc pas été de tout repos, parsemé de visite médicales, d’hospitalisation pour divers problèmes jusqu’à ce qu’un événement, plus troublant encore se produise! Le 20 décembre 2019, matin un peu comme tous les autres depuis quelques semaines, je suis chez moi dans le divan quand soudainement, mon cœur s’emballe. Je savais, d’ores et déjà, qu’il venait de repartir en fibrillation auriculaire et ce, sans même être branché à un moniteur cardiaque. Tout d’abord parce que j’en ai trop vu durant ma carrière de paramédic et je sentais, après quelques minutes d’arythmie, que cette fois-ci ça y était! J’ai donc contacté mon père, un peu en catastrophe pour lui annoncer la mauvaise nouvelle et ainsi lui demander s’il pouvait venir me chercher afin de m’apporter à l’urgence de l’hôpital le plus près de chez moi. Il n’était pas question que je conduise! À mon arrivée à l’urgence je me suis dirigé vers le triage de l’urgence. L’agent de sécurité qui était chargé de donner les billets pour le triage avait l’air un peu déstabilisé en voyant mon visage. D’ailleurs ce que je m’apprêtais à vivre, je n’avais jamais vu ça de ma vie!

Vous auriez dû voir la scène. Les gens qui attendaient avant moi au triage allait à tour de rôle, un peu en catastrophe, aviser l’infirmière du triage que je devais être rapidement pris en charge avant eux-mêmes. Je ne devais pas être beau à voir Hé Hé! Bref, je me suis retrouvé en salle de réanimation avec une autre défibrillation! Je peux vous dire que j’ai vécu une expérience, durant l’anesthésie et le choc, qui m’a laissé un peu perplexe.

C’est difficile à vous décrire, car je ne comprends pas encore tout à fait aujourd’hui. Je me suis retrouvé dans un espèce de couloir, marbré blanc et noir sur la hauteur, qui défilait de chaque côté de moi comme si ça accélérait de plus en plus vite. C’est un peu comme si les murs d’un tunnel étaient lignés noir et blanc et que j’avançais à pleine vitesse dedans. Puis je suis arrivé au bout, dans le néant… pas de lumière, pas de présence, juste rien du tout. C’est à cet instant précis que mon esprit (je dis mon esprit, mais j’ai aucune maudite idée de ce que c’était) m’a fait réaliser que c’était la fin puis, je me suis dit… ça y est : je suis mort! C’est là que je me suis réveillé péniblement, dans la salle d’observation de l’urgence.


Hallucination ou expérience proche de la mort?

À bien y penser, si c’est ça qu’il y a l’autre bord… je ne suis pas pressé de traverser! Car pour ma part, j’étais loin de la lumière douce, du chant des anges et il n’y avait pas de barbu pour m’accueillir en souriant! J’en suis resté traumatisé… encore aujourd’hui cette expérience revient me hanter. J’ai fort probablement fait une dissociation en lien avec l’anesthésiant (de la kétamine) que j’ai reçu par intraveineuse. Puisqu’avant d’administrer le choc électrique, un anesthésiste s’assure de vous envoyer dans les vapes afin d’éviter de vivre ce moment de façon consciente. J’avais déjà entendu parler que des gens faisaient des beaux voyages là-dessus (kétamine)… mais pour ma part… j’en veux pu JAMAIS!


Quand Facebook t'apprends le décès d'un ami proche...

J’étais donc assis dans le lit à l’observation (à nouveau) encore traumatisé. Puis, quelques temps après avoir repris mes esprits, j’agrippe mon cellulaire afin d’aviser mes proches que je vais relativement bien. Je me connecte à Facebook afin d’aviser certains amis quand je tombe sur une publication toute fraîche sur mon fil d’actualité m’apprenant qu’un de mes amis proches était décédé dans les mêmes heures où moi j’étais en réanimation. Ça pis un coup de pelle en pleine face…j’aurais préféré le coup de pelle!

Petites parenthèses : c’était un collègue d’ambulance (dans la mi-quarantaine) avec qui j’ai partagé tellement de moments incroyables, un ami que j’appréciais au plus haut point. Comme ça… je venais d’apprendre qu’il avait rendu l’âme à tout jamais! Je peux vous confirmer que je n’oublierai jamais ce 20 décembre 2019! D’ailleurs l’histoire ne s’arrête pas là…


Hôpital universitaire pour plus de quiétude

Je demande à une des spécialistes d’être transféré à l’hôpital où j’ai reçu ma greffe, puisqu’il semble que l’événement que mon cœur a subi, mon rein greffé n’a pas apprécié ça. Je serai donc transféré en ambulance, le 21 décembre 2019, un peu plus tard dans la journée. Et oui, pour la toute première fois de ma vie je prenais l’ambulance, sur la civière! Quand vous avez travaillé comme paramédic pendant des années, c’est la dernière place où vous avez envie de vous retrouver!

Après une longue promenade en ambulance, je me suis retrouvé dans une chambre à l’unité de greffe. Je me sentais déjà plus en sécurité. C’était un endroit connu et le personnel y est attentionné et plus spécialisé pour la cause (greffe rénale). De plus, comme ce sont des chambres individuelles, il y serait plus facile de récupérer. Qui plus est, la première fois que j’ai reçu un choc au cœur, ça a pris presque deux ans avant d’en recevoir un autre alors, dans ma tête, c’était clair que j’aurais probablement la paix pour un autre deux ans… vive les histoires préfabriquées du cerveau. Ça ne s’est pas malheureusement pas tout à fait passé comme je l’avais anticipé…

Noël aux soins intensifs coronariens

Le 22 décembre dans la nuit, mon cœur s’est à nouveau emballé, mais cette fois, à un rythme plus rapide que l’avant-veille et je me suis sentis tellement mal que j’étais certain de ne pas m’en remettre! Je suis donc passé d’une chambre super confortable à l’unité de greffe pour me retrouver aux soins intensifs coronariens. Un autre choc au cœur plus tard a heureusement permis à mon cœur de reprendre un rythme un peu plus normal. Mais nouvelle médication et surveillance oblige, je devrais donc passer Noël aux soins intensifs. Je vous assure que je n’en menais pas large. Et comme si ce n’était pas assez…

Cette année-là nous avions perdu la conjointe de mon père qui était, à mes yeux, était beaucoup plus importante que ma propre mère. Un cancer avait finalement eu raison de ma belle-mère après plusieurs mois de bataille. Elle avait surmonté l’insurmontable en 2008 alors qu’elle s’était fait annoncer qu’elle n’était pas très loin de la phase terminale. Hors de toute attente, elle avait réussi à passer au travers et avait trouvé la force pour s’en sortir. Malgré le fait que je la croyais quasi invincible et elle décéda en début d’année.

Pourquoi je vous raconte ça? C’est que le 24 décembre au soir, après m’être endormi dans le lit aux soins intensifs, j’ai fait un rêve plutôt troublant. Sans entrer dans tous les détails, c’était tellement bouleversant que je me suis réveillé en sursaut. J’ai contacté mon père en hurlant et en pleurant (ce qui ne m’était jamais arrivé):

  • Papa, maman s’en vient me chercher (en parlant de ma belle-maman décédée), j’viens tout juste de le rêver et c’était très clair!

Je n’oublierai jamais ce sentiment qui m’a plaqué des semaines dans mon divan à la maison. La peur me paralysait littéralement. Ce qui n’aidait en rien cette anxiété, ce sentiment de peur, était le fait que j’avais passé la plus grande partie des dernières semaines, à l’hôpital à raison d’au moins trois fois par semaines afin de tenter de rebalancer le niveau de magnésium dans mon sang puisqu’en étant bas (à cause de la médication pour la greffe) et avec la médication que je devais prendre pour le cœur, je risquais une arythmie léthale…rien que ça. Léthale comme dans…mortelle! Et pour votre information, ces journées étaient plutôt pénibles. Je devais faire plus d’une heure de route afin de me rendre à l’hôpital en question, le temps d’effectuer le suivi et les prises de sang ainsi que le traitement. Ça finissait par donner des journées d’environ 12 heures. Alors imaginez trois fois par semaine…


Pandémie, anti-rejets et un confinement qui réveil

En mars 2020, lorsque le gouvernement a annoncé le confinement, après l’annonce que la crise de Covid-19 venait d’être catégorisée au titre de pandémie, j’étais déjà su’l cul. J’étais rendu à 118 lbs (53 kg), j’avais des douleurs intenses à la colonne dues à des fractures vertébrales, des troubles gastro-intestinaux en lien avec la maladie et de l’anxiété à n’en plus finir à cause de ce qui s’était récemment passé avec mon cœur. Bref, les premiers jours du confinement, complètement isolé, je ne savais pas comment je sortirais de tout ça! Je me disais que de toute façon ma fin était proche et ce n’était qu’une question de temps… J’en ai eu pour des semaines dans cet état jusqu’au jour où j’ai pris la décision de reprendre ma vie en main. En passant, ça ne s’est pas passé par magie ni en claquant des doigts. Ça a pris beaucoup de volonté!

En fait ça me rappelle qu’un peu avant le début de la pandémie, un de mes oncles, qui a lui aussi traversé plusieurs drames au cours de sa vie, était venu me rendre visite et se rendant compte pendant notre discussion que j’étais ultra-anxieux, me dit avec une sérénité déconcertante et un sourire serein:

  • Tsé Michel il y a une certitude dans la vie : ta mort, tu n’y échapperas pas! Donc, vit pendant que c’est le temps!

Cette phrase avait fait son bout de chemin… Tout d’abord parce que je trouvais que ça faisait bien du sens et puis j’ai commencé à me dire qu’il serait peut-être temps de faire tout en mon pouvoir afin de prendre le dessus, du mieux que je pouvais. De toute façon, la pandémie me laissait seul à moi-même et étant immunosupprimé (système immunitaire affaibli), je faisais partie des gens les plus à risque de complications sévères liées à la Covid.


Piano, acceptation et résilience

Reprendre, lentement, ma place au piano (dans une prochaine chronique, je vous parlerai de ma relation privilégiée avec mon piano!) Quelques notes à la fois, puis, deux-trois minutes d’affilées. J’avais tellement mal au dos (à cause des fractures) que s’en était pénible, mais le son que ces quelques notes produisaient me donnait des frissons. Puis je compris que c’était une des voies vers la récupération, vers la vie!

J’ai donc contacté un de mes oncles afin d’apprendre une chanson que je le savais capable de jouer et puis une fois par semaine, par vidéoconférence, il m’a aidé à la décortiqué. C’est une chanson de Lara Fabian et parallèlement à ça, je suis tombé sur une chanson de l’artiste Amy Lee, ayant pour titre Speak to me. Cette chanson est tellement venue me chercher que je ne peux même pas vous décrire ce que ça me fait comme sensation. C’est comme si les paroles et la musique apportaient un lien entre moi et ma nouvelle greffe. Bref je me suis décidé à l’apprendre également puisqu’à chaque fois que je l’entendais, j’en avais également des frissons! Mais le piano ne serait clairement pas seul pour me permettre de reprendre ma vie en main…

J’ai toujours été un gars actif mais là, avec la nouvelle greffe, la colonne fracturée et un bras amoché à cause de la dialyse, ça me limitait beaucoup l’existence. Afin de mettre toutes les chances de mon bord, je me suis remis à marcher. Chaque jour, quelques pas à la fois, tout d’abord, dans le stationnement de mon appartement parce que je craignais tellement de m’éloigner de chez moi de peur de refaire de l’arythmie sévère! Puis j’ai lentement augmenté la durée si bien qu’aujourd’hui, au moment de créer ce blog, je peux vous affirmer que depuis plus d’un an, je vais marcher chaque jour, minimalement 30 minutes et ce, vent, pluie, neige, etc…rien ne m’arrête. C’est devenu un rituel que je ne veux pas interrompre. Lentement mais sûrement, j’ai commencé à m’éloigner de chez moi puis, j’ai fini par accepter que oui, il se pouvait que je refasse de l’arythmie…et alors, je n’étais pas pour m’empêcher de vivre ni de marcher juste au cas où…

D’ailleurs, je reviens sur le piano, car je me souviens avoir répété à mon oncle, et ce à plusieurs reprises durant nos séances vidéo : je ne sais pas pourquoi j’essaie d’apprendre cette chanson… tout à coup que je ne viendrais pas à bout de finir de l’apprendre ou tout à coup que…

J’ai fini par me dire que : et si tout à coup je décidais de vivre à la place? Car si je passais le restant de mes jours à vivre juste en fonction qu’il pourrait se produire un événement grave, je risquais de passer carrément à côté de ma vie!


Redécouvrir la vie à coup de passion

Puis, je me suis également remis à cuisiner! Étant donné que la pandémie m’a placé dans une situation beaucoup plus à risque que la moyenne, j’avais décidé d’éliminer la possibilité de manger des plats prêt-à-manger ainsi que les restaurants, autant en livraison qu’en commande pour apporter. Je voulais mettre toutes les chances de mon bord afin de ne pas être contaminé (peu importe le contaminant). Puis, je me suis mis à congeler et à être plus conscient de la richesse et de la valeur précieuse des aliments qui ne sont pas illimités. Lorsque j’ai pris la décision de vivre et de vivre malgré les douleurs, les inconforts, le doute, la maladie et la pandémie…il y a une espèce d’ouverture qui s’est fait dans ma tête. C’est comme si tout à coup, je devenais plus conscient de la vie. Plus conscient de sa richesse et de sa valeur et ça m’a aussi permis d’apprécier les choses pour leur juste valeur.

Bien évidemment que je ne trouve rien de drôle à la pandémie, surtout que je traverse tout, tout seul depuis des mois, mais, j’ai encore un appartement, des commodités, de l’eau potable, du divertissement, etc. Voyez-vous où je veux en venir? Tout d’abord, ça m’a fait aussi réaliser une chose toute simple : dans la vie, tout est question de perception! J’avais donc le choix de voir la vie comme étant pénible, atroce et cruelle puis me laisser indirectement mourir ou bien je pouvais me relever, du mieux que je pouvais et ainsi savourer la vie, au maximum de mes capacités!

J’ai donc choisi d’avancer en savourant le plus possible. Je le répète : ce chemin ne s’est pas fait en criant ciseaux! J’ai intégré il y a plus d’un an maintenant la méditation de façon quotidienne. J’ai approfondi plusieurs sujets qui m’intéressaient et j’ai demandé de l’aide. D’ailleurs j’ai encore recours aux services d’une psychologue qui travaille avec l’équipe de greffe et ce, depuis plus d’un an maintenant. J’ai surtout accepté de recevoir de l’aide et accepté que la vie n’était pas toujours ce que je voulais. Bien sûr, physiquement, je ne suis plus celui que j’ai déjà été. Ma vie relationnelle, professionnelle et émotionnelle a mangé toute une claque… ok et puis?


Se transformer... et alors? C'est ça l'adaptation

Je me suis rendu compte que la peur intense de mourir que j’ai ressentie la veille de Noël, aux soins intensifs, m’a fait réaliser à quel point je voulais vraiment vivre! Au fond, (et ça c’est une réflexion personnelle) est-ce qu’avoir peur de mourir ne revient pas à avoir peur de vivre? Car vivre, c’est possiblement perdre, possiblement tomber, possiblement échouer… En réalité est-ce que si j’avais le choix je voudrais ne jamais avoir vécu tout ce que j’ai traversé et être en pleine santé? La réponse est évidemment oui! Mais si j’étais en pleine santé, mon chemin serait tout autre et je ne serais pas en train de vous raconter mon parcours. Donc, il y a toujours bien ça de bon.

Il m’arrive encore d’être anxieux, surtout quand mon cœur s’emballe ou que le mal de ventre me pogne (en raison de la maladie). Non, pour répondre à votre question, je n’ai pas entièrement tout accepté. Ma réflexion spontanée est la suivante : peut-on réellement accepter tout ce qui nous arrive sans broncher? Je pense à voix haute là…mais selon moi, il n’est pas si simple d’accepter notre situation intégralement. Peu importe ce que les gens diront, personne n’est à l’intérieur d’eux afin de savoir réellement comment ils se sentent. Alors même lorsqu’une personne me dit qu’elle accepte entièrement, peut-être que c’est bien vrai, mais pour ma part, je sais que ce n’est pas mon cas. Alors aussi bien faire avec.


Accepter ou ne pas accepter...

Non, je n’ai pas entièrement et facilement accepté tout ce qui m’arrive. Mais j’ai cependant accepté de ressentir, par moment, du découragement, de la colère ou de la peur. Ça fait partie de la vie! Alors oui, je me retrouve encore à genoux, à brailler ma vie parce que ça fait mal ou que je suis découragé. Savez-vous c’est quoi la différence entre maintenant et il y a plus d’un an? J’accepte de tomber, car je sais que j’ai la capacité de rebondir. Je me le suis prouvé plus souvent qu’autrement. D’ailleurs, je sais également que d’accepter de tomber fait moins mal que de tout faire pour ne pas tomber. Parait-il que la flexibilité évite de briser… dans ma tête, ça fait bien du sens!

Autre détail qui n’est pas banal est que maintenant je me donne le droit de souffrir. Lorsque la souffrance ou la crise est passée cependant, je profite des périodes d’accalmies et ce, le plus possible. La maladie n’est pas disparue et oui, il se pourrait que ma vie arrête prématurément, mais d’ici là, je fais tout en mon pouvoir pour en savourer le maximum et je vous confirme, qu’encore aujourd’hui, quand je joue du piano, il m’arrive d’en avoir des frissons plein les bras! J’ai arrêté de me comparer aux professionnels et j’ai accepté de jouer pour moi, pour me faire plaisir.


Cuisiner pour s'aimer et se faire du bien

C’est la même chose dans ma cuisine! Il y a des mois que j’apprends à cuisiner du pain et différents plats. D’ailleurs en dehors de ce projet, ma façon à moi de donner au suivant, c’est de donner du pain à des proches et ce malgré l’argent ou le temps que ça peut impliquer. Je n’ai vraiment pas les finances pour aider qui que ce soit, mais mon pain, qui me prends beaucoup d’énergie et de temps et qui est fait avec passion, pour moi vaut tout l’or du monde! Et ça m’a permis de réaliser un autre truc...

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Maintenant, j'arrête de vouloir m'adapter et plaire à tout le monde. En fait par exemple: si quelqu'un n'aime pas le pain que je lui apporte ou qu'il n'est pas assez satisfaisant pour lui, c'est bien correct. Les gens ont entièrement le droit de ne pas aimer ce que je fais... mais savez-vous quoi? Le pain, je le fais d'abord et avant tout pour me nourrir donc à partir du moment où moi je le trouve satisfaisant et bon, c'est ça l'important! N'étant pas boulanger, je n'ai ni l'équipement, ni l'énergie pour m'adapter à tous et chacun. je le réserve donc pour les gens qui l'apprécient et ça me fait du bien de le savoir apprécié.

Je ne sais pas si vous réaliser tout mon chemin parcouru depuis plus d’un an, mais quand je regarde avec un pas de recul, je ne croyais même pas possible le quart de ce que j’ai accompli. Je trouvais ça important de vous en parler, car le but de ce projet est d’apporter de l’espoir et de vous montrer que même quand ça va mal, il peut y avoir du beau. Vivre est une chose personnelle, personne ne peut vivre à votre place et tous et chacun avez la possibilité de trouver votre chemin, vos passions, vos trucs qui vous permettrons d’avancer, pas à pas, une respiration à la fois.

Ici, maintenant!

Ça va sonner cliché, mais vous n’avez pas idée combien de fois je peux me répéter par jour :

  • Ici et maintenant Michel, pas demain et là-bas…ici maintenant.

La souffrance a une tendance à créer de l’anticipation et par expérience, ce n’est pas de l’anticipation positive. Mais comme personne ne sait ce que réserve le futur, il est inutile de prendre ce qui s’est produit en arrière et le rapporter au futur. C’est de se créer du stress qui n’est pas nécessaire. Être malade apporte déjà suffisamment de stress, pas besoin de s’en ajouter! Je ne vous dis pas que c’est facile…oui ça demande des efforts, mais ça se fait.

En terminant, deux petites choses que j’ai également pris comme habitude depuis plus d’un an. Je me suis fait un journal d’accomplissement où j’y note, à chaque jour, ce que j’ai réussi à accomplir (méditation, marche, piano, cuisine, etc.). Ça me permet juste de réaliser que je suis encore capable d’accomplir des choses et ce, même lorsque je suis moins en forme. Et puis, avant de me coucher, chaque soir, je rends grâce à la vie, pour tout ce que j’aurai eu de positif au courant de ma journée. Et pour ma part, ça n’a rien de religieux, car je ne rends pas grâce à un dieu ou à autre, non, simplement à la vie. Car malgré tout ce que je traverse, comme je vous l’ai mentionné plus tôt, j’ai encore beaucoup à apprécier!


Avant de quitter je vous pose la question suivante :

  • Et vous, comment trouvez-vous le moyen d’avancer malgré l’adversité?

Chers lecteurs, chères lectrices, ce fut un plaisir de partager ce moment avec vous, j’espère sincèrement que ce moment, en ma compagnie, vous aura fait du bien. Savourez la vie tant que vous pouvez, car, vous ne savez jamais ce qu’elle vous réserve.


Prenez-soin de vous et à très bientôt



Michel

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